Influence des photosites sur la diffraction

Rappelons que lorsqu'on veut mesurer la largeur d'un flou de diffraction, il est souvent très pratique de prendre comme référence la largeur d'un photosite afin d'avoir une dimension physique pour ce phénomène.

Mais dans cette mesure, le nombre de photosites recouvert par le flou de diffraction n'a aucune importance. Ce qui a de l'importance c'est le produit du nombre de photosites recouvert par la largeur d'un photosite, c'est-à-dire une dimension mesurable. Par exemple un flou de diffraction s'étale sur une largeur de 30µm à la surface du capteur. Seule cette dimension absolue à de l'importance.

Il est d'ailleurs très facile de s'en convaincre en comparant deux capteurs de même dimension, mais dont la taille des photosites est différente. Sur le Canon 50D dont les photosites mesurent 4,7 µm de large, un flou de 30 µm va s'étaler sur 7 photosites. Sur l'ancien 10D avec des photosites plus larges de 7,4 µm, il va s'étaler sur seulement 4 photosites, mais sur les deux appareils, la dimension du flou reste inchangé et s'étale toujours sur 30 µm. Et le phénomène de diffraction sera reproduit de la même façon sur les deux capteurs.

Maintenant si on cherche à connaître à quel diaphragme la limite le flou de diffraction fait son apparition, le capteur ayant la plus haute définition verra le phénomène de diffraction en premier. Par exemple, le 50D verra une diffraction de 30 µm dès f/11 alors que le 10D ne la verra pas parce que ce flou très faible est noyé par le manque de définition du capteur.

Le 10D ayant une plus faible définition ne verra apparaître la diffraction qu'à f/16 parce qu'à cette ouverture la diffraction est beaucoup plus importante et mesure déjà 40 µm. Comparer la limite d'apparition de la diffraction entre deux capteurs de définition différente ne présente aucun intérêt, car les diffractions prises en compte ne représentent pas le même flou visuel.

La grosseur d'un photosite n'est qu'un facteur limitant pour détecter la diffraction au même titre qu'un cul-de-bouteille à la place d'une optique de qualité retardera l'apparition de la diffraction par manque de résolution.

La seule conclusion qu'on peut en tirer est que plus la diffraction est détectable sur une grande ouverture, plus l'ensemble optique + capteur est de bonne qualité.